De la Colombie je suis allé à Montréal, au Canada - un choc culturel après l'Amérique du Sud - très propre, les gens attendent le feu vert sur les passages piétons (mais les feux de circulation fonctionnaient de manière étrange - pour piétons s'allumaient toutes en même temps pour chaque direction). La ville était pleine de travaux routiers - on raconte une blague qu'il y a deux saisons à Montréal, l'hiver et la saison de construction.
L'auberge de jeunesse où j'ai passé deux nuits était très moderne - Alexa, le système d'un assistant virtuel développé par Amazon, disait toujours quelque chose (« trie des ordures », « quelqu'un est à la porte » etc.) et le propriétaire "parlait" souvent avec elle à propos du traitement des réservations.
Le premier jour, j'ai visité le vieux Québec et le vieux port. L'autre jour, j'ai exploré le sommet du Mont Royal - une petite montagne et un homonyme de Montréal. Là-bas, j'ai rencontré une personne d'auberge de jeunesse - on parlait et j'ai découvert qu'il était à Montréal pour assister à une conférence de polyglottes - j'ai pensé à y aller aussi, mais les billets étaient trop chers.
Ensuite, je suis allé à Québec pour suivre un cours de français très intensif. Malheureusement, je ne l'ai pas aimé - il n'était pas bien. Mais, au contraire du cours, ma famille d'accueil était super et cela a sauvé mon séjour à Québec - grâce à cette famille, mes souvenirs de cette ville ne seront pas tous mauvais. J'aimais beaucoup les conversations avec eux et aussi avec leurs visiteurs (parfois les sujets étaient surprenants - par exemple l'enterrement :) - mais toujours intéressants). Les conditions d'hébergement étaient très confortables et le quartier où était située la maison était très beau et tranquille. Il y avait 3 kilomètres de la maison à l'école - il faisait beau toute la semaine, donc je marchais tous les jours en écoutant un livre audio en espagnol (ou en anglais) ou un cours audio de français. Et les repas ! Oh mon Dieu ! Ils étaient délicieux ! La cuisine italienne dominait - je l'adore.
Mon frère a également quitté son travail et il est venu au Canada une semaine après - on a décidé de voyager ensemble. Mais, avant son arrivée j'avais une semaine à remplir. J'ai demandé à l'école et à ma famille d'accueil ce que je pourrais visiter et ils m'ont tous recommandé d'aller en Gaspésie - donc j'y suis allé.
Aller là-bas prend beaucoup de temps - il y a presque 700 kilomètres ! Je ne voulais pas passer toute la journée dans un autobus, alors j'ai fait une halte à Rimouski. En Gaspésie le bus n'arrive pas au parc, mais dans une petite ville - Gaspé. Le parc est à 30 kilomètres. Le bus y arrive le soir, à 21 heures. Tous les logements dans cette ville étaient très chers, mais j'ai trouvé un camping près de la ville, à seulement 3 kilomètres de là. De plus, le bus passait à côté. J'ai demandé au conducteur de s'arrêter là, mais, malheureusement, il restait implacable, même si le bus à la fin de l'itinéraire était presque vide - il n'y avait que 3 autres passagers. Il me répondait toujours qu'il ne pouvait pas s'arrêter dans des lieux qui n'étaient pas des arrêts de bus - telles étaient les règles. Merde ! Pourquoi il devait respecter tout à la lettre !? En Amérique du Sud, ça n'aurait jamais passé. Bon, je devais aller au camping à pied.
Le lendemain, il y avait un autre défi - comment se rendre au parc. J'ai trouvé que, oui, il y avait un bus (peut-être que les heures ont été publiées il y a quelques années), mais cela ne se passait que l'après midi. Alors, l'auto-stop. Il a très bien fonctionné - en peu de temps, avec deux auto-stops, j'ai réussi à arriver au parc national de Forillon.
J'ai planifié de rester dans le parc trois jours/deux nuits. J'avais besoin de changer un peu mes plans car un camping où je voulais passer la nuit était déjà fermé. J'ai donc passé la première nuit dans un grand camping doté d'installations comme des douches et des toilettes près de l'entrée du parc. L'autre nuit j'ai passé dans la forêt dans un camping dans l'arrière-pays - il n'y avait qu'une table et une latrine à fosse simple.
Le Canada est un pays d'ours. En Gaspésie, il n'y avait que des ours noirs - plus petits et, dit-on, moins dangereux que les ours bruns (grizzlis). Il est très rare de les rencontrer et normalement ils ont peur des hommes et les évitent. Les ours les plus dangereux sont ceux qui sont habitués aux hommes. Alors, lors de la randonnée on doit suivre quelques règles. On ne peut jamais laisser des repas, ni des déchets, ni d'autre chose odorante accessible aux ours - il faut utiliser un contenant à l’épreuve des ours ou tout suspendre à un arbre (il y a souvent des cordes ou structures destinées pour ça). Si un ours apprend qu'il est facile d'obtenir un repas de l'homme il devient dangereux. C'est mieux de cuisinier loin d'endroit où on dort. En marchant on doit faire beaucoup de bruit pour ne pas surprendre un ours. Si on rencontre un ours, il faut agir de différentes manières en fonction de son type, mais la règle principale est qu'on ne peut jamais courir. Avec un ours noir, il faut faire du bruit, agiter les bras. En cas d'attaque imprévue, il faut riposter (en gardant à l'esprit que les ours bluffent souvent). Mais avec un ours brun - pas de bruit, pas de mouvement brusque. En cas d'attaque, il faut jouer le mort et protéger la tête, la nuque, la gorge et l'estomac. On recommande aussi de porter un gaz poivré (un spray anti-ours).
Alors, pour faire du bruit, je sifflais (j'espérais que les ours ne se comportent pas comme les chiens et qu'ils ne viennent pas en entendant un sifflet :) - j'ai découvert plus tard que des sifflets fonctionnaient comme des signaux d'urgence, donc je criais le standard "Hej, bear!"). Je n'ai vu aucun ours, seulement beaucoup d'écureuils et un élan. J'ai fini ma randonnée à Rivière-au-Renard et je suis revenu au Québec où j'ai rencontré mon frère.
On a décidé de louer une voiture, car il est très difficile, en fait impossible, de visiter le Canada avec les transports en commun - normalement, il n'y a pas de bus pour les parcs naturels. Alors, pour la première fois j'allais voyager "the american way", en voiture.
On a choisi de visiter, d'abord, la côte est - plus précisément la Piste Cabot en Nouvelle-Écosse et le parc Gros Morne en Terre-Neuve-et-Labrador. Exactement à cette époque-là, un très puissant ouragan Dorian traversait ces provinces, donc nous avons décidé d'attendre un jour avant de partir (sur place on n'a pas vu beaucoup de destruction). Le Canada est le deuxième plus grand pays du monde, mais on s'en vraiment rend compte quand on voyage en voiture - les distances sont énormes. On a vu beaucoup de...arbres et visité des lieux éloignés. En revenant au Québec, on a aussi visité la baie de Fundy où il y a les plus grandes marées du monde, jusqu'à 15m.
Au centre du Canada, il n'y a rien. On ne voulait pas passer quelques jours en voiture en voyant rien, donc on est allés en avion de Montréal à Calgary. Là, nous avons loué une voiture une autre fois. Notre destination : les montagnes Rocheuses.
La ville principale pour touristes est Banff. On y est allés. Le premier jour, on n'a fait que de la randonnée courte - le sentier Tunnel Mountain. Mais surtout, on voulait faire de la randonnée de plusieurs jours. On y était en septembre, alors pas en saison haute, mais il y avait encore beaucoup de gens quand même, en théorie, la majorité des campings dans l'arrière-pays était toujours réservée (il faut les réserver beaucoup de temps en avance). Heureusement, pour un sentier connu et recommandé - trois jours/deux nuits - Skoki Loop - il y avait encore des places libres pour nos dates.
Le sentier Skoki Loop est près du lac Louise, environ 60 kilomètres de Banff. Le premier jour n'était pas très long, donc on a décidé de faire une autre randonnée plus tôt - dans le canyon Johnston. Tout le monde devait avoir la même idée car il y avait beaucoup de gens - le parking était plein et ce n'était pas possible de garer la voiture. Alors, on est allés vers le lac Louise et on a fait de la randonnée moins touristique - Castle lookout. Ensuite, dans l'après-midi, on a commencé la Skoki Loop.
Pendant la randonnée, il faisait beau. Les sites de camp se trouvaient dans des lieux pittoresques - on se trouvait dans la région du mélèze - un conifère des montagnes qui perd ses aiguilles en hiver. En automne, ses aiguilles deviennent jaunes (au début je pensais que les arbres étaient malades). Il était très beau. Dans le camping on a rencontré une personne de Calgary, Mathieu. Il m'a dit que Vancouver était très cher pour vivre - les Chinois y ont acheté beaucoup d'appartements et les prix ont donc augmenté.
Le soir, quand j'ai commencé à préparer mes repas, il est passé quelque chose un peu dangereux - ma cartouche de gaz de camping a pris feu et est devenu une boule de feu. Heureusement, elle n'a pas explosé et après quelques minutes le feu s'est éteint seul. Comment était-ce possible? Alors, pour bouillir de l'eau, j'utilisais un réchaud - chaque fois quand je mettais la cartouche de gaz sur le réchaud, elle coulait un peu de gaz. Normalement, il ne se passait rien, car j'étais seul et il n'y avait pas d'autre source de feu. Qu'est-ce qui a changé? Lorsque j'étais avec mon frère, lui aussi avait cuisiné. J'ai attaché le réchaud à la cartouche trop près de lui - leçon apprise - attention avec le feu et le gaz.
Près du Lake Louise, il y a deux lacs fréquentés par de nombreuses personnes - le lac Louis et le lac Moraine. À la fin de notre randonnée (c'était dimanche), on a rencontré quelqu'un qui nous a conseillé de ne pas les visiter - tout le monde fut là pour photographier le feuillage. Alors, direction Jasper, notre prochain arrêt.
Pour aller à Jasper on suit Hwy 93 - la promenade des glaciers - une route panoramique avec... surprise...des glaciers. Malheureusement, il faisait mauvais.
Près de Jasper on voulait, de nouveau, faire de la randonnée. Et encore une fois, on comptait obtenir un permis pour les campings dans l'arrière-pays sans aucune réservation. Et on a réussi ! En fait, on a obtenu le permis pour la route plus populaire, Skyline Trail. Bien, tous les campings de cette route étaient occupés, mais on pouvait camper dans un camping - watchtower - à seulement 3.5 kilomètres du sentier. Cet itinéraire est très "assiégé" car la majorité du trajet va au-dessus de la limite des arbres offrant de belles vues.
Le sentier original fait 44 kilomètres, avec notre petit détour, 50. On voulait le faire en deux jours, en faisant 22 le premier jour et 30 le deuxième jour - si vite parce que plus tard il allait faire trop froid pour nous pouvoir camper.
Le lendemain, on a commencé. Ce n'est pas une boucle, on a donc laissé la voiture près du canyon Maligne et on a essayé l'auto-stop pour aller 50 kilomètres jusqu'au lac Maligne où se trouve le point de départ. Quelqu'un nous a pris très vite - une couple du Danemark. On a découvert qu'il y avait beaucoup de neige au-dessus de la limite des arbres - la veille dans la vallée pleuvait, mais plus haut il neigeait. Il faisait aussi froid. Au moins jusqu'à l'après-midi il faisait beau. Plus tard, il neigeait de temps en temps.
Le deuxième jour il faisait beau - nuageux, mais pas de pluie. Marcher était un peu fatigant car la neige était profonde (parfois jusqu'aux genoux) et personne n'avait marché avant, donc on devait tracer la route nous-mêmes.
Mon frère s'est blessé au genou et pendant une semaine ne pouvait plus bien marcher. Heureusement pour lui, la semaine prochaine dans les Rocheuses on ne pouvait pas faire beaucoup de choses - les températures étaient trop basses pour notre matériel de camping (on était préparés pour survivre aux températures avoisinantes zéro degré, mais les nuits étaient beaucoup plus froides, jusqu'à moins 10°C). Alors, on avait besoin de dormir en auberges de jeunesse et les randonnées de plusieurs jours étaient annulées. Les cols étaient recouverts de neige - tracer une route une fois était amusant, mais devoir le faire tous les jours était vraiment pénible.
Alors, j'ai fait quelques randonnées courtes pendant que mon frère se reposait. Une fois, on est allés aux sources chaudes. En retournant à Calgary, on a visité des lacs Louis et Moraine - pour moi, ils n'étaient pas très impressionnants - peut-être à cause du mauvais temps.
Les derniers jours au Canada, on a passé à Vancouver. Je n'ai pas fait beaucoup de choses là-bas. J'ai visité seulement le centre et le parc Stanley. Le prochain arrêt - les États-Unis.
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